Forger une amitié
Edward ferma les yeux. Pourquoi avait-il fait cela ? Le refus de suivre sa logique le tourmentait. Il voulait se cacher, et en même temps, il voulait fuir loin. Loin de tout afin d'oublier tout ce qui venait de se passer. Malheureusement, il ne pouvait pas oublier ; il ne pourrait plus jamais perdre le souvenir de cette journée.
- Tu peux me dire pourquoi j'ai dit ça ?* Ne me pose pas la question, je ne suis pas dans ta tête tout de même. * Le mage grogna intérieurement. Il détestait qu'Éliot ressorte sans cesse cette moquerie e mauvais goût lorsqu'il le consultait. Edward avait fait un choix difficile et avait besoin d'une autre opinion que la sienne. C'était la deuxième fois qu'il écoutait son instinct. C'est à croire que son instinct le menait toujours à bouleverser complètement sa vie.
Quelqu'un le secoua.
- Hé, tu m'écoutes quand je te parle ?Edward tourna la tête vers Shirell avec un regard rempli de doutes.
- Arrête de te poser autant de questions. Ta vie sans sens ni actions vient de prendre fin. Je t'offre une nouvelle vie qui vaut la peine d'être vécue.Le mage soupira. Il l'aimait bien lui sa vie sans sens ni actions. Il se demandait quel genre d'événements qui pourraient arriver dans sa nouvelle vie. Il acquiesça d'un hochement de tête.
- Bon, t'as prit la bonne décision. On est bientôt arrivés. Est-ce que tu vas enfin me dire qui est la personne en toi ?- Je ne peux pas t'expliquer ça juste comme ça. C'est trop compliqué et il faudrait que je t'explique ma vie.Il y eut un long silence. Seul les pas réguliers des deux hommes se faisaient entendre. Ils venaient de quitter le village et Edward pouvait déjà commencer à voir une immense maison au loin. Shirell le regardait d'un air qui l'incitait à continuer.
- Bon tout a commencé lorsque j'étais enfant. J'étais...- Désolé de t'interrompre, mais je ne voulais pas savoir complètement ta vie. Tu peux cacher quelques détails tu sais ?- Si tu ne m'avais pas interrompu, tu aurais su pourquoi je te dis que j'étais fils de fermier. Vers douze ans, je revenais du marché et, traversant la forêt, j'entendis des bruits de combat. Je me suis approché lentement lorsqu'il n'y eut plus un bruit et que j'entendis appeler à l'aide. À ce moment-là, je me suis dépêché d'aller voir et je vis un vieil homme, barbe blanche, vêtements amples et une blessure immense au torse.- Palpitant...Edward le regarda d'un air méchant. Il détestait qu'on réplique de pareille chose, encore plus s'ils sont sarcastiques. Sans en tenir trop attention, il continua :
- Lorsqu'il remarqua ma présence, je vins vers lui et commença à lui panser ses blessures. Il arrêta mon geste et me dit : « C'est gentil, mon garçon, mais ma vie touche à sa fin. Je suis un mage. On n'en voit pas très souvent, mais il y en a. Comme tu as l'air d'être un bon garçon, je vais te faire un cadeau. Que dirais-tu de mes pouvoirs ? Et de mon esprit ? »* Ah oui ! Je me souviens. Je t'ai tellement bien eut ce jour-là ! * dit la voix retentissante d'Éliot.
- Comme il me proposait ses pouvoirs, j'avais fermé mes yeux, comme pour un rituel. Mais quand il me proposa son esprit, il me planta sa dague en plein c½ur. Je pensais que ma vie se terminait, mais non. Il transféra son esprit dans mon corps dans une égratignure. J'ai été chanceux.* T'avais crié comme une petite fille, si je me rappelle bien, * rajouta Éliot, ce qui fit pouffer de rire Shirell, qui suivait les propos d'Éliot avec la télépathie, et grimacer Edward.
- Contrairement à la tienne, ma vie n'est pas des plus excitantes à raconter, répondit l'archer. Avec la famine d'il y a soixante ans, je me suis enfuis de chez moi pour pas que mes parents ne meurent de faim. C'est en chassant que je devins très bon archer. Tournoi après tournoi organisé par les villages, je les gagnais et apportait l'argent à mes pauvres parents en tout discrétion. Ma réputation augmentait de jour en jour, lorsque le chef de la garde s'entreprit à me rechercher. Lorsqu'il me trouva, il me proposa de rejoindre la garde et j'acceptai.- Soixante ans ? Mais tu as quel âge voyons ?- Encore jeune. N'oublie pas que je suis un elfe ; je peux vivre jusqu'à quatre cents ans. Pour l'instant, je n'en aie que cent dix-sept ans. Je suis majeur depuis vingt-sept ans.Edward se souvint que les elfes avaient un métabolisme extrêmement lié avec la nature, ce qui les empêchait de vieillir trop vite, comme les humains.
- Attention. Moi je te préviens, j'ai un âge vraiment vieux pour mon apparence. Éliot était immortel, ce qui fait que je ne peux pas vieillir trop, ou trop vite. J'ai soixante-treize ans.Shirell en fut estomaqué par cette révélation. Il croyait que les personnes ayant un contrôle de la magie à un tel point qu'il pouvait se rendre immortelles étaient mortes. Arrivant devant la porte principale de la tour, il secoua la tête pour passer à autre chose.
- Je vais t'apprendre quelques trucs pour t'aider dans le futur avec d'autres gens qui pourraient savoir qu'Éliot est là.Shirell ouvrit la porte et entra suivit de près par Edward, qui semblait intéressé par la proposition. Justement avant d'entrer, Éliot déclara en prêtant attention que Shirell n'entendrait pas :
* Alors, tu vois, comme je t'avais dit ; vous êtes déjà rendu à un bon stade pour être des bons amis. *______________________________________________________________
Le prochain chapitre : Qu'est-ce que les trucs que parle Shirell ? Après les révélations de ce chapitre, les deux hommes sont plus près l'un de l'autre qu'ils ne l'avaient jamais été auparavant.
La suite de cette histoire, dans le prochain chapitre : L'entraînement.